Handicaps invisibles : découvrir le témoignage de Laurence
Découvrez le témoignage inspirant de Laurence, agent en DRAAF. Elle nous livre son ressenti et son expérience dans le cadre de la campagne de sensibilisation aux handicaps invisibles.
Comment vous sentez-vous sur votre poste de travail, au sein de votre service et au sein du ministère ?
Cela faisait 20 ans que je travaillais au ministère quand je suis tombée malade. Et c’est à mon retour que j’ai été reconnue RQTH (reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé). À l’époque, c’était moins facile car on en parlait moins, mais dans mon cas ça s’est bien passé, la direction a été à l’écoute et m’a fait une proposition d’un super poste. Très sincèrement, je n’ai jamais été embêtée ou discriminée. J’ai fait ma démarche de reconnaissance suite aux fortes insistances de mon médecin qui m’avait dit « faites-vous reconnaître on ne sait jamais ! ».
C’était il y a 10 ans. Au début c’était une RQTH à durée déterminée, le temps de ma rémission mais après 3 ans, j’ai été déclarée RQTH à durée indéterminée. A ce moment-là, psychologiquement, ça a été plus dur pour moi d’accepter ce statut.
Je suis ensuite partie travailler à la DRAAF et une fois de plus, je n’y ai rencontré aucune entrave, aucun trouble, que ce soit de la part des collègues ou de la direction. Mon adaptation au poste s’est bien passé, j’ai pu par exemple apporter à la DRAAF mon fauteuil ergonomique que j’avais dans ma précédente affectation. Vraiment, je n’ai jamais eu le moindre problème.
De votre point de vue, en quoi le collectif de travail et le manager peuvent-ils faciliter l’accueil et l’intégration d’une personne en situation de handicap ?
Je pense que les gens n’ont pas conscience du nombre de personnes qui ont un handicap invisible et qui ont une RQTH. Moi je le dis, ce n’est pas une honte. Le handicap peut tomber sur n’importe qui et à n’importe quel moment de la vie. Je pense qu’il ne faut pas hésiter à dire que l’on est RQTH et que cela peut arriver à tout le monde.
Il faut faire comprendre aux agents que son collègue, avec qui on s’entend bien, peut être en situation de handicap. D’ailleurs, le handicap peut être une richesse.
La direction de la DRAAF a comme volonté que tous ses encadrants soient formés et sensibilisés aux handicaps dès leur prise de fonction. Selon moi, c’est une très bonne initiative qui implique une meilleure considération des agents et qui lève des barrières notamment pour le recrutement. C’est une prise de conscience, et c’est essentiel pour mieux intégrer les personnes en situation de handicap dans le monde du travail !
Je pense que la campagne de sensibilisation « Stop aux jugements hâtifs ! » est très importante ; le chiffre de 80 % des handicaps invisibles est à marteler : c’est important de le dire.
Auriez-vous un message à faire passer auprès de personnes concernées, au regard de votre propre expérience ?
Je leur dirais que c’est important de se déclarer auprès des ressources humaines. Il faut faire savoir qu’il y a des personnes en situation de handicap au sein du ministère et qu’elles peuvent occuper des postes au même titre que les autres.
Le handicap ne ferme pas forcément des portes à l’emploi. Bien sûr, tout dépend des handicaps mais aujourd’hui, il y a tellement d’aménagements possibles, notamment avec les nouvelles technologies, qu’il ne faut pas s’en priver. Il ne faut plus le cacher car personne n’est à l’abri.
J’ajouterais que la diversité des populations et des profils est importante dans nos administrations : la diversité c’est aussi une force ! Il ne faut pas oublier que nos administrés sont comme nous, il faut aussi que l’on soit raccord avec la société pour être en capacité à travailler pour elle.
La prise de conscience et le changement de mentalité sont déjà un premier pas.