Témoignages vidéos d’agents du ministère

Découvrir le témoignage de trois agents du ministère chargé de l’agriculture.

Olivier Muller

Responsable technique national - Inspections produits phytopharmaceutiques à la Direction générale de l’alimentation (DGAL)

Témoignage vidéo de Olivier Muller (vidéo, durée : 1 min 41 s)

Olivier Muller
Responsable technique national - Inspections produits phytopharmaceutiques à la Direction générale de l’alimentation (DGAL).

Ce qui me caractérise, c’est que j’ai commencé par un DUT. J’ai été cinq ans professeur, j’ai repris des études. J’ai passé un diplôme d’ingénieur. J’ai fait cinq ans de recherche. J’ai passé un doctorat. A trente 30 ans, c’est là où est arrivé mon arrêt maladie.

Les collègues ne m’ont pas vu changer du jour ou lendemain, ou ne m’ont pas vu débarquer comme un handicapé quelque part. Et moi-même, j’ai suivi l’évolution très progressive. C’était une chance un peu, de cette maladie-là.

Je m’oriente en ce moment, finalement depuis une quinzaine d’années, sur l’animation de réseaux car ce qui était important c’était les relations avec les gens. Et dans l’animation de réseaux avec des interlocuteurs partout sur le territoire qui vous posent des questions et vous, en tant que représentant de l’administration centrale, vous donnez le savoir. Qui parfois est incomplet, donc ce qui génère d’autres questions. Et à partir de ce moment-là, vous devez trouver des artifices ou des modes pour résoudre leurs problèmes.

La seule façon que j’ai trouvée, c’est de figer ce flux d’informations dans un système de questions-réponses. C’est un outil que j’avais construit pour moi, pour pallier à mon propre handicap. Puis progressivement, il s’est étoffé. 100 questions, puis 200 questions, et l’idée m’est venue « Mais partages ce savoir là avec les gens, tu vas voir ce qu’ils vont te dire ».

C’est l’apport d’une personne handicapées par rapport à ceux qui ne le sont pas, dans une plus-value formidable. Où du fait que j’ai des problèmes de mémoire, j’ai dû tout figer par écrit, et en me disant « Je partage ma connaissance ».
Aujourd’hui, je suis dans le bonheur de me contenter de ce que j’ai.

Mostafa Faddaoui

Professeur d’anglais au lycée agricole de Bougainville - Brie-Comte-Robert.

Mostafa Faddaoui (vidéo, durée : 2 min 21 s)

Mostafa FADDAOUI - Professeur d’anglais au lycée agricole Bougainville - Brie Comte Robert.

Bruits de fond. Une intervenante fait l’appel des élèves :
  Lucas ? « Yes »
  Floriane ? « Yes »
  Tom ? « Yes »

Interview du professeur :
« C’est vraiment déterminant de, d’installer tout un mode de fonctionnement. Moi, c’est ce que je leur dis dans un premier temps, c’est une, euh … enfin pas une exception, on peut dire c’est une spécificité, comme un contrat entre eux et moi. C’est, c’est vraiment une prise de conscience et faire appel un petit peu à leur maturité mais c’est pas toujours facile hein. Je me déplace pour aller vers les uns et les autres, interpeller ceux qui travaillent pas beaucoup, essayer de les inciter à travailler.

Donc ce mode de fonctionnement, comme je dis, on l’instaure dès le départ, hein, les sacs sur les tables, heu, ne pas mettre le pied au travers, des petites choses comme ça.

Je ne prétends pas être le meilleur professeur, néanmoins je fais tout mon possible pour bien transmettre quelque chose, pour bien transmettre un savoir.

L’afficheur braille c’est vrai que c’est un périphérique indispensable. On est obligé, on peut dire, de jongler avec 40 caractères maximum pour lire l’ensemble d’un écran d’ordinateur de haut en bas et l’avantage pour un non-voyant c’est quand même un matériel on peut dire pratique qui permet vraiment à un non-voyant de fonctionner en toute autonomie.

Dès mon arrivée, évidemment, il y a eu un petit moment d’adaptation pour bien s’habituer aux locaux. Sur le plan relationnel, c’est sûr, au sein d’un établissement, quel que soit le handicap, c’est à la personne handicapée d’aller vers les autres. C’est sûr et certain, c’est une … je dirais, démarche indispensable pour vraiment une intégration de quelqu’un qui ne voit pas, qui doit en quelque sorte s’imposer, essayer de convaincre qu’on a les mêmes capacités sauf qu’il y a un handicap visuel qu’il faut essayer de surmonter en ayant peut-être d’autres attitudes ».

Bénédicte Grimard

Professeure de Zootechnie Économie Rurale à l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort.

Bénédicte Grimard (vidéo, durée : 2 min 38 s)

Bénédicte GRIMARD – Professeure Zootechnie Economie Rurale à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Maisons-Alfort.

Bruits de fond des élèves qui se rapprochent et viennent d’une allée.
Interview de la professeure :

« Je m’appelle Bénédicte GRIMARD, je suis enseignante en zootechnie. Donc j’ai eu mon accident en 2007et c’était au moment où la structure ici était en travaux et donc la directrice du centre m’a tout de suite demandé ce qu’il me fallait comme aménagements pour que je puisse revenir. Je n’avais pas encore repris le travail qu’elle m’a demandé ce qu’il me fallait pour que je puisse revenir.

Donc au départ j’ai fait de l’enseignement ici sur le centre et puis j’ai vu que je pouvais envisager de retourner en élevage. C’est là que j’ai demandé à avoir un fauteuil électrique adapté pour aller en élevage. Moi au départ, je ne savais pas si je pourrai retravailler mais donc le directeur de l’époque m’a dit que si je voulais retravailler il me redonnait l’accès à mon bureau. J’avais un bureau à l’étage et pour que je puisse retourner avec mes collègues il était prêt à faire l’investissement, de mettre un élévateur, d’agrandir la porte de mon bureau, d’aménager mon bureau pour que je puisse retourner avec mes collègues.

Les gens sont hyper attentifs à moi parce-que je suis très dépendante des autres. Je vois qu’ils devancent, enfin c’est pas forcément qu’ils devancent mais qu’ils sont très attentifs à me donner un coup de main. C’est mon regard sur eux qui a le plus changé je pense. Je crois que leur regard sur moi je ne sens pas qu’il ait changé.

C’est petit à petit, je trouve, qu’on retrouve la foi, la possibilité physique. Moi c’est pareil, au début je ne pouvais pas faire un cours, parler pendant une heure un peu fort, c’était pas … physiquement ce n’était pas possible. C’est redevenu possible. Il faut voir l’importance de tout, enfin c’est-à-dire qu’on peut faire des choses petites qui sont « tout aussi utiles que ce que l’on faisait avant » entre guillemets, où au moins je me sentais utile parce que j’étais responsable de mon équipe de recherche, je faisais des papiers, des publications, des déplacements, des déplacements à l’étranger et tout ça. Bon, je ne fais plus ça, je ne peux plus faire mes déplacements à l’étranger, c’est trop compliqué mais j’ai, entre guillemets « baisser mes ambitions sur ce niveau-là, sur ce plan-là », mais ce que je fais reste utile.

Je fais 2 jours de télétravail par semaine mais j’suis pas plus souvent absente. On n’est pas absent de toutes façons. J’ai mis du temps, là, quand même ça fait dix an mon accident. Il m’a fallu un certain temps pour de nouveau être physiquement capable de faire, on va dire, un plein temps. Ce qui compte c’est le désir, de garder le désir de faire quelque chose. »


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