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Etre ambassadeur "handicap et compétences" : un engagement fort

Après une première journée de formation en avril, concrétisant la naissance de ce réseau, les ambassadeurs se sont retrouvés le 19 octobre pour un retour d’expériences sur l’utilisation du kit de communication issu de la campagne "Situation de handicap : fiez-vous aux compétences !". L’occasion de rappeler les contours de leurs missions et les objectifs de cette démarche expérimentale.

Aujourd’hui, 32 ambassadeurs composent ce réseau, en administration centrale et en régions (DRAAF, DAAF, DDI, lycées agricoles). Un maillage amené à s’étendre, avec à terme un objectif ambitieux : en avoir un dans chaque structure dépendant du ministère. Récit d’une aventure collective exemplaire.

Une mission clairement définie

"Il est important de souligner qu’être ambassadeur, c’est avant tout un engagement volontaire. A ce stade, aucune lettre de mission n’est prévue. C’est une démarche expérimentale, qui repose sur la motivation de l’agent et l’accord préalable de son chef de service. Le temps consacré à cette action - en parallèle de l’activité professionnelle - est estimé à une journée par mois en moyenne. Une durée restreinte qui n’entrave donc en rien le fonctionnement des équipes", explique Christophe Conan, le correspond handicap ministériel au bureau de l’action sanitaire et social (BASS).

"Il ne s’agit pas, pour les ambassadeurs, de se substituer à l’organisation mise en place dans chaque structure pour la gestion du handicap, mais bien de favoriser l’accueil et l’orientation des agents en situation de handicap vers les interlocuteurs spécialisés : les gestionnaires de proximité, les correspondants handicap régionaux, les médecins de prévention, les services de ressources humaines, les assistants des services sociaux, les conseillers et\ou assistants de prévention. Le rôle d’un ambassadeur est un rôle complémentaire, afin de veiller à ce que cette chaîne fonctionne bien. Mais il faut savoir rester modeste, car la question du handicap est extrêmement complexe !"

Un appel à la prudence fondamental, pour garder à l’esprit que l’on ne demande pas aux ambassadeurs d’avoir réponse à tout. Christophe Conan insiste : "attention à ne pas trop s’impliquer personnellement ! Ce n’est ni un confident ni un soignant. Il doit passer le relais, faciliter l’accès à l’information, mais en aucun cas chercher à résoudre les problèmes qui dépassent ses compétences, cela peut avoir des conséquences graves, tant pour les agents que pour les ambassadeurs eux-mêmes."

En revanche, il peut encourager un agent en situation de handicap à entamer les démarches pour le déclarer, afin de bénéficier d’un soutien et d’un accompagnement adaptés à sa situation. Un rôle de médiation crucial face à ce dilemme : mon handicap, ma maladie invalidante (visible ou invisible), dois-je en parler ? Me déclarer travailleur handicapé : quel intérêt ? Quels risques, pour le déroulement de ma carrière ? Quels impacts, dans le regard de mes collègues ?

Des animations en rodage

Steve Bermond, chef du pôle communication interne à la Dicom, co-pilote l’ensemble de la démarche avec le BASS. "Les ambassadeurs incarnent véritablement la campagne de communication "Situation de handicap : fiez-vous aux compétences ! Après avoir diffusé affiches et cartes postales, l’organisation d’animations s’avère parfois un peu périlleuse. Certains tâtonnent encore pour trouver le bon format, le bon moment et le ton juste pour libérer la parole sur le handicap dans un cadre informel.

Un forum - que j’anime - a été mis en place pour leur permettre d’échanger entre eux, de prendre confiance et de s’encourager dans l’expérimentation de ce rôle d’animateur. Une dizaine d’ambassadeurs s’est d’ores et déjà frottée au premier exercice : celui du jeu de rôles ("Dans la peau de... que feriez-vous ?"), tandis que d’autres demeurent encore sceptiques ou hésitants.

A l’occasion de cette deuxième journée de formation, un nouvel outil d’animation leur a été proposé : le Whooz (cf. encadré ci-dessous). Nous espérons que les ambassadeurs s’approprieront aisément ces supports. Ils peuvent aussi nous en suggérer de nouveaux. Nous comptons sur eux pour nous faire partager le récit de leurs animations, et pour donner envie à d’autres de devenir ambassadeurs !"

Le Whooz : un jeu pour contrecarrer les préjugés

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On connaissait le "Who’s Who", le dictionnaire biographique des meilleurs talents. Voici le Whooz, le jeu de cartes mis à disposition des ambassadeurs pour faire découvrir à leurs collègues le nom de personnalités porteuses d’un handicap ou d’une maladie invalidante, à la manière de "Question pour un champion". On découvre ainsi, par exemple, que les troubles bipolaires de Winston Churchill et la paraplégie de Franklin Roosevelt n’ont pas freiné leur trajectoire politique, et que la forme d’autisme dont était atteinte Marie Curie, prix Nobel de physique, n’affectait en rien ses capacités intellectuelles.